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Rose Cathy Handy on her story : "From Homeless to CEO"

            

            


       Rose Cathy Handy, Bilingual Link, CEO

       writes about her story in the No Excuse  Handbook.
      
       Rose Cathy Handy was nine months pregnant and on her way to   the hospital to give birth to her child when she found the eviction note on her door. Not only she lost her home, but her bank account has been emptied by the man she was living with. Now on the street with a newborn baby in her hands, she found a homeless shelter where she moved into. Against all odds, Rose Handy started fighting back, formed her first company while still living in the homeless shelter.
      Today, her services have helped over 30000 people find work or improve their lives.
      She shares her life lessons to inspire people to overcome challenges, pain, anger and fear in order to enjoy life and be successful not matter what.
 

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Our special publications: "100 femmes de Carrière" (in French)


100 femmes de carrière 2011


La toile des carrières est heureuse de vous présenter l'édition 2011 de son magazine «100 femmes de carrières» francophones en Ontario.

Découvrez les parcours exceptionnels de ces femmes de carrières!

La toile des carrières tient à remercier tout particulièrement toutes les femmes qui ont participé à cette publication, mais aussi toutes les personnes qui nous ont fait part de leurs nominations dans la communauté francophone.


Merci de nous faire parvenir vos suggestions, commentaires et nominations pour 2012 à l'adresse suivante : journal@bilinguallink.com




















Interview with Anne-Marie Couffin

Une femme de carrière francophone exceptionnelle : Anne-Marie Couffin


Découvrez l'interview exclusive d'Anne-Marie Couffin. Ayant contribué tout au long de sa carrière à la cause des francophones en Ontario, elle est maintenant retraitée et a accepté de partager son expérience.

Jobs & Carrières Infos : Parlez-nous un peu plus de votre parcours professionnel assez spécial!
Anne-Marie Couffin: Étant arrivé au Canada il fallait absolument que je fasse les choses que j'avais envies de faire. L'enseignement, au départ, c'était formidable. Jusqu'au jour où, après plusieurs années d'enseignement, je commençais à me fatiguer. J'ai donc eu l'occasion de devenir première directrice générale du Centre francophone, qui s'ouvrait à ce moment là. J'ai sauté sur. Au bout de 12 ans, la même chose... Las et n’ayant pu obtenir un bâtiment permanent pour le Centre francophone, je me suis présentée comme conseillère scolaire (avant de terminer le Centre francophone, d'ailleurs) et cela m'a permis d'évoluer dans un système scolaire public que je connaissais déjà au niveau privé. J'y suis restée neuf ans mais en même temps, je suis rentrée au Conseil régional de santé, qui est un organisme anglophone qui a pour but de planifier la santé à Toronto. J'avais la charge d'aider à la planification pour les services en français. Le mandat du Conseil régional de santé, j'ai monté ma propre compagnie AMC Associés. C'était une compagnie de consultation. J’envisage à présent de nouveaux projets avec mes petits-enfants.
Une carrière assez spéciale, oui! Étant une personne très impliquée et très enthousiaste, quand je m'ennuie il faut que je trouve autre chose! C'est aussi simple que ça! Par contre cette carrière, c'est quelque chose que je n'aurais jamais pu faire en France, j'y étais dans l'enseignement et je devais mourir dans l'enseignement. On ne change pas de profession! Je pense que quand j'ai dis que je laissais, les gens m'ont répondu « Mais qu'est-ce que tu vas faire avec les vacances pour tes enfants ?» «Eh bien, je vais monter des camps d'été» et j'ai fait ça. Donc j'ai fait un tas de trucs à côté pour essayer de me débrouiller d'une certaine façon. On ne vient pas au Canada pour faire la même chose qu'on faisait avant! Il faut être capable de changer de carrière, c'est un peu obligatoire aujourd'hui. Je l'ai fait un petit peu en avance.

J&C Infos : Qu'est qui a été à l'origine de vos motivations pour vous battre pour des services en français en Ontario?
A.-M. C. : Très simple, je suis francophone, mon mari l’est et mes enfants le sont aussi donc automatiquement, il nous fallait des services en français. Alors je l'ai fait même à la Toronto French School qui est une école privée où j'exigeais le plus possible d'avoir des services en français. Mais je l'ai aussi fait en temps que Centre francophone. Par exemple, quand j'ai voulu avoir une assurance pour le centre francophone, je me suis dit « puisque c'est un Centre francophone il faut qu'on fasse tout en français», pas d'assurance si on ne me donne pas le contrat et quelqu'un qui me le vende en français.

J&C Infos : Est-ce que c'était facile à obtenir à l'époque?
A.-M. C. : On m'a dit «Go back to Quebec! », je répondais «Excusez-moi, je n'y suis ai jamais vécu donc je ne peux pas y retourner». Mais c'était soit en français ou il n'y avait pas de contrat. Il ne faut pas faire une pression trop forte, mais quand on paye quelque chose, la situation est différente. Vous dites «je paye en français» «Ah bon ben vous payez!». Que ça soit en français ou en anglais ça n'a pas d'importance, l’argent a un effet conciliant. Par exemple, je demandais toujours mon guide de déclaration d'impôts en français, on passait un temps fou pour me les trouver. Mais je savais qu'il en avait dix par bureau. Il faut d'abord bien connaître, savoir quelles sont les possibilités, sur quelles ficelles vous pouvez tirer. Vous ne tirez sur la ficelle que s'il y a quelque chose derrière. Pour les services en français, c'est pareil. J'ai commencé avec la ville de Toronto quand une infirmière de la santé publique est venue passer voir mon fils à l'école française et m'a remis un rapport en anglais. Je ne comprenait pas ce qu’était un «wart». Je suis allée me plaindre à l'hôtel de ville et on a obtenu une infirmière francophone. Il faut savoir jusqu'où il faut aller. Attention je suis très politicienne et comédienne en même temps. C'est très important!

J&C Infos : Quel est le dossier francophone de votre mémoire qui a été le plus difficile à faire aboutir?
A.-M. C. : C'était un programme de santé mentale pour les enfants de 6 à 12 ans où j'ai eu toutes les peines du monde à faire comprendre au ministère de la santé que ces enfants avaient le droit à un service en français. Ce sont des classes vraiment spéciales pour des enfants ayant réellement des problèmes extrêmement difficiles. Je ne pense pas qu'ils croyaient qu'il y ait des enfants aussi traumatisés ici. N'oubliez pas que j'étais conseillère scolaire donc j'avais une certaine connaissance à l'intérieur des dossiers des conseils scolaires que le public n'a pas. On a fait une étude qui a été supporté à 100% par les anglophones, on a essayé de mettre le Centre francophone en même temps se disant si le Centre francophone fait quelque chose tel hôpital anglophone s'engage à nous aider. Mais ça a été très long, on a commencé en 96 et le programme à vraiment marché en 2005. Neuf ans de travail! Il fallait que ça soit accepté par les anglophones.
Des fois ça se fait plus facilement… Pour la maison de soins de longue durée, on est allé voir le responsable de la maison de soin de longue durée à la ville de Toronto et on lui a dit « Vous savez vous venez de fermer 50 places, si on ouvre 50 places francophones. Personne n'y verra que du feu!» Il faut trouver les moyens pour les aider. Il ne faut pas se mettre l'anglophone à dos, mais lui demander de vous aider. Dans tous les projets que j'ai fait avec les anglophones c'est ce que j'ai fait «Aidez- moi à être aidé». Par exemple vous allez dans le conseil d'administration de l'hôpital, vous avez une présentation à faire, il vous faut absolument découvrir dans le conseil qui est ce qui parle un peu français, pas trop mais un peu, et vous faites « une faute énorme » vous dites un mot en français et la personne vous rattrape directement pour vous aider pour vous enlever la honte d'avoir dit un mauvais nom. En fait c'est fait exprès! La personne vous aide, ça y est c'est formidable, vous avez un allié! Et il va vous aider pour faire une proposition par la suite, parce que vous avez peur de la faire avec un mauvais accent. Certains parlent un peu français, c'est eux qui vont vous aider. Et ça c'est absolument important ! On ne peut pas dans la province de l'Ontario travailler dans un vide. Il y a des règles, on est d'accord, on n'est pas d'accord, mais il faut travailler avec les règles.


J&C Infos : Quel est votre degré de fierté en voyant le Centre Francophone de Toronto aujourd'hui?
A.-M. C. : Je suis bien contente d'être partie au moment où je suis partie car je n'aurais jamais songé à faire fusionner le Centre francophone et le Centre médicosocial. Pour la simple bonne raison, que j'avais aidé à mettre sur pied en tant que bénévole le centre médico-social et que je voyais les deux comme distincts. Donc à un moment, c'est bon de partir pour laisser des idées nouvelles se développer. Alors aujourd'hui, le Centre francophone : ce qu'ils font pour les enfants par exemple, pour la santé mentale pour les adultes, c'est formidable! Ce que je vois dans ce qu'ils font pour le moment est vraiment formidable! Seul reproche, il y a encore trop de postes temporaires, mais cela ce n'est pas de leur faute car ils travaillent par projets. J'en suis très fière du Centre francophone!


J&C Infos : Que retirez-vous de votre contribution à la communauté francophone en Ontario?
A.-M. C. : Beaucoup de personnes me connaissent, beaucoup de personne se rappellent que j'ai travaillé dans tel dossier ou tel dossier; et ça fait toujours plaisir de voir qu'on fait partie d'un réseau et que bien qu'on en soit un peu plus retiré aujourd'hui on en fait toujours partie. De contribuer à sa communauté d'avoir de succès est toujours très satisfaisant. C'est satisfaisant pour la communauté, mais pour vous-même de réussir quelque choses c'est bien! Et même si les gens l'ont oublié ça n'a pas d'importance vous vous rappelez de ce que vous avez fait et de ce que vous avez réussi. C'est ça qui est important!


J&C Infos : Comment avez-vous réussi à concilier votre carrière, votre vie familiale et votre implication dans différents organismes francophones?
A.-M. C. : Il ne faut pas hésiter à se lever les manches et à travailler. Des fois ce n'est pas facile... À un moment à l'école où j'étais, j'ai proposé qu'on passe un certain nombre d'élèves pour préparer le BEPC français et il n'y avait qu'un moment, qu'une tranche de temps où je pouvais faire des cours spéciaux, tous les jours de 8h du matin à 9h moins quart. Or quand vous avez des enfants, ce n'est pas facile ! Il y a un parent qui m'a dit ben ça tombe bien ma fille va prendre le cours avec vous, moi je m'occupe de votre enfant à moment là. Vous êtes entrain d'aider les gens… n'hésitez pas à profiter de l'aide qu'ils vous donnent. J'ai profité de l'aide qu'on m'a proposée. Par la suite, oui j'ai engagé des personnes pour m'aider avec les devoirs des enfants, et du personnel pour le ménage, car je n'avais pas toujours le temps. Mais j'étais à bonne école, ma mère était professionnelle, elle travaillait et elle n'a eu que 6 enfants. J'avais l'habitude de ça. J'ai demandé des sacrifices à la famille des moments où j'aurais dû être là. J'ai reçu des rappels à l'ordre de mon mari et mes enfants. Pour une fête des mères ils m’ont offert une photo dans un cadre avec de mes enfants et de mon mari et il y avait sous le cadre « N'oublie pas que tu nous as encore ». Il faillait qu'eux aussi aient de l'humour!

J&C Infos : Est-ce que le fait d'être une femme a été un atout ou un handicap pour réaliser tout cela?
A.-M. C. : Ça ne m'a jamais posé un problème! Je ne venais pas d'un milieu où une mère restait à la maison. J'ai toujours découvert que quand vous avez un petit problème quelconque, à vous de le transformer en une force!


J&C Infos : Quels conseils donneriez-vous à une femme qui veut contribuer à sa communauté tout en menant une carrière?
A.-M. C. : Je trouve ça important dans la communauté à Toronto, d’avoir ce qu'on appelle un réseau. Le réseau vous le construisez en travaillant avec votre communauté, francophone et anglophone. Si on vous propose de travailler dans un organisme anglophone, allez y ! Et je l'ai fait plusieurs fois, à Trillium par exemple... qui est différente maintenant car elle distribue les revenus du Lotto. Quand j'y suis allée c'était une fondation très huppée, où on y accédait quand on fait partie d'une grande famille. Moi j'y suis arrivée sans avoir beaucoup d'argent, mais j'étais francophone. Grâce à ça, j'ai fait beaucoup de contacts. Ça m'a servi dans ma profession par après au conseil de santé, avec les gens que j'ai rencontrés et pour aider les francophones à obtenir des subventions de 4 millions pour les personnes âgées et ça m'a servi pour obtenir des services réellement bilingues pour les services «Jeunesse j'écoute».
C'est important que dans votre communauté vous jouez plusieurs jeux à la fois. Une autre chose que je faisait c’était de distribuer des certificats de reconnaissance. À ma grande surprise, je les vois encadrés dans les bureaux de personnes francophones et anglophones…C'est très facile et malheureusement on ne le fait pas assez!

J&C Infos: Comment percevez-vous l'évolution de l'employabilité dans les institutions francophones en Ontario?
A.-M. C. : On a plusieurs organisations francophones : Glendon, le Collège boréal, le Centre francophone, le Centre Oasis, le Centre héritage, mais c'est une poignée de main, c'est pas grand-chose vu notre nombre. Il y a d'avantage de poste bilingues. Sauf qu'il y a un énorme problème dans la profession bilingue : quand vous êtes placé quelque part on ne veut pas que vous changiez, que vous avanciez! On a peur de devoir vous remplacer donc c'est plus dur pour le francophone de progresser. C'est malheureusement réel! Une fois que vous êtes dans le poste vous êtes coincé. C'est réellement une chose que tous les professionnels bilingues vont vous dire et il y a des francophones qui vont jusqu'a ne pas dire qu'ils sont francophones pour ne pas être mis dans une case. À mon avis si quelque chose doit être travaille c'est bien ça. Que tout le monde continue à avoir sa chance.

J&C Infos : Quels sont pour vous les grands combats qui restent à mener par les nouvelles générations de francophones?
A.-M. C. : L'utilisation des services existants. Combien d'enfants francophones ne vont pas dans les écoles françaises? Pour les services de santé, exigez le français ! C'est un combat qui reste : sensibiliser le francophone à utiliser les services. Ce n'est pas facile parce que, des fois, on va vous faire attendre si vous demandez un service en français. Tout est très important!

J&C Infos : Quels sont pour vous les grands combats qui restent à mener par les nouvelles générations de femme?
A.-M. C. : La femme est quand même le chef de la famille! Bon, débrouillez vous pour faire croire à l'homme que c'est lui qui vient de décider. La femme est assez forte pour le faire. Qu' elle ne laisse jamais ses enfants ne pas apprendre le français. Qu'elle donne autant de chances à ses enfants qu'elle en a eues! Il faut toujours être prête, la chance passe à coté de vous, vous allez la choisir, vous allez l'attraper, Si vous n'essayez pas, il y a une chose qui est certaine vous n'avez rien, si vous essayez qu'est ce que vous risquez? De ne pas l'avoir? De toute manière c'est ce que vous aviez avant... Ou de l'avoir! Il faut que la femme rêve et qu'elle ait un objectif pour aller plus loin et elle le peut!




« 100 femmes de Carrière 2010»












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